Bienvenue sur le blog de Wendenmi Ezéchiel OUEDRAOGO

Je suis une branche de la vigne

Le Lundi 21 février on m’a transféré des urgences au pavillon neurochirurgie. On  m’a installé dans une salle commune de huit lits séparés  en quatre lits. Quelques  temps après le chef du pavillon neurochirurgie le Pr.K (Professeur en médecine)est arrivé.

Il est venu me voir, me poser des questions.avec son petit marteau(Marteau a réflexe)il tapait les plantes de mes pieds, me pinçait et me demandait si je resentais. Moi  je ne resentais rien. Je  ne savais même pas qu’il était entrain de me toucher. Il  m’a fait sentir l’odeur du parfum de père et l’odeur de l’alcool que j’ai pu faire la différence. Après  ils sont repartis. On  m’a admistré des calmants, j’etais couché sur le dos et je ne pouvais faire aucun mouvement. J’etais fatigué. Le  collier qu’on m’a porté au niveau de cou pour immobiliser ma tête etait désagréable. Mes  larmes ont commencé à couler. J’ai demandé à ce qu’on m’aide pour que je puisse m’assoir un peu. Une  personne est monté sur le lit on m’a soulevé doucement et m’adosser à cette personne là. Mais  du coup tout était devenu sombre. Je  m’evanouissais. Je  ne supportais pas donc on m’a remis dans ma position.sur le dos.

Je suis resté dans cette routine durant 3 jours. J’etais en observation et mon cas était délicat.

Pendant ce temps mon père  a entrepris les démarches pour mon évacuation à l’extérieur du pays. Apres  les trois jours, lors de la visite le Pr K  après plusieurs questions comme d’habitude, a demandé le scanner. C’est alors qu’on m’amèna faire passer le scanner .le lendemain le Pr K est venu, il y’avait du matériel sur le chariot, il y’avait aussi le personnel et des étudiants en médecine. Une  ordonnance a été remise à mes parents. Le  Pr K a rasé les 2 cotés de ma tête, il m’a injecté un produit pour que je n’ai pas mal, ensuite avec une perceuse manuel il a percé les 2 côtés du crâne et il a placé l’étrier et rattacher avec une ficelle et suspendre un poid. Je ne me souviens plus du nombre de kilogrammes. Mais  c’était du sable attaché dans un sachet. Il  a posé un pansement et je me suis endormie. Il   est revenu quelques  heures après me réveiller, et m’a demandé si j’allais mieux et il a changé le pansement.

J’étais allongé sur le dos et je regardais le plafond.je ne pouvais pas bouger ma tête ni a droite, ni a gauche. C’etait bien immobilisé. je faisais tout dans cette position. Les  ordonnances pleuvaient, chaque matin c’était la visite et encore et encore des ordonnances.des prélèvements de sang pour le laboratoire, on  m’injectait  du lovenox chaque jour  sur le ventre.  le cathéter etait permanent sur mon bras. Des fois j’avais des saignements au nez.  les jours se succedaient et se ressemblaient : c’etait visite, ordonnance, traitement.

J’avais mal. Je  voulais la position assise pour me soulager mais c’était impossible. Mon  dos me faisait mal. Mes  parents, la famille qui était à mes côtés, passait un a un et mettaient leurs  mains sous mon dos et soulevaient légèrement pour faire passer unpeu d’air sous mon dos et appliquer du talc. Mes   larmes coulaient. J’ai même demandé un jour à mon père de me ramener à la maison.

Après la visite médicale de chaque jour, j’avais de la visite de beaucoup de personnes. Il y’avait beaucoup aussi que je ne connaissais pas. Ils  venaient, priaient pour moi et nous soutenaient moralement et financièrement. Tous  les jours je ne manquais pas de visite. Les  nuits mes oncles, la grande famille qui est Ouaga, ils venaient et nous tenaient compagnie jusqu’à des heures tardives.

Des fois j’avais des encombrements, des difficultés  à respirer. Je  n’avais envie de rien. Je  ne voulais pas manger et je maigrissais. Je  me souviens encore (rire) ma mère est venue me dire:Eze tu ne veux pas téter un peu? Elle  ne savait plus quoi faire.

Mon Père faisait la navette entre Ouagadougou la capitale où j’étais hospitalisé et Ouahigouya. Il  s’occupait et de la famille et de l’église et revenait à l’hôpital.

C’était trop de dépenses, les ordonnances, mon alimentation, les navettes de mon  père…je  voyais que c’était trop. J’ai demandé à ma mère est ce qu’ils pourront toujours supporter toutes ces dépenses? Elle  a ouvert son sac et m’a montré de l’argent et m’a dit:Dieu pourvoit.

Les jours passèrent et j’étais toujours couché sur le dos. Je  commençais à m’habituer de ma nouvelle position mais l’envie de m’asseoir et de me tenir debout me rongeait.Le Pr.K venait, mettre mon bras sur son épaule et me changeait de position.soit sur la droite ou la gauche pour que je me repose et quand j’étais fatigué il revenait et me remettait sur le dos. J’etais devenu son ami et il a même dit aux personnels qu’a n’importe quelle heure si j’avais quelque chose de l’appeler. Il  prenait bien soin de moi.

Quand le jour de retirer l’étrier est arrivé, après la visite médicale il est revenu me dire qu’il allait retirer l’étrier. Je  ne sais plus combien de temps cela a duré, mais cela dépasse un mois. Donc  il a retiré l’appareil, posé un pansement et m’a mis en position assise. Je  me suis évanouie. A  mon réveil j’étais allongé et il était juste à côté. Il  m’a demandé si je vais bien j’ai répondu oui. Il  a placé à nouveau un collier sur mon cou. J’etais enfin libre. On  pouvait me mettre sur le côté que je voulais.

Quand on voulait faire ma toilette, il y avait une sorte de plaie cicatrisée, avec un aspect noirâtre sur le siège(fesse). On  croyait  tous que c’était une plaie, mais cicatrisée .je suis resté sur un côté et quand on m’a changé de position y’avait aussi l’aspect noirâtre qui ressemblait a une plaie cicatrisée.

Lors de la visite médicale, on a montré au Pr. C’est lui  qui nous fait savoir que c’était des escarres(plaies). Que  c’est du à la longue période où j’étais couché sur dos. Qu’il  fallait décaper la partie nécrosée alors que je croyais que j’étais enfin libre.

Alors un matin, encore du matériel sur le chariot, il y’avait un infirmier qui causait avec moi, ils m’ont mis sur le côté, on discutait tous,mais je ne savais pas qu’ils étaient entrain de décaper les plaies. Parce  que je ne sentais pas la douleur. C’est après avoir fini que j’ai su qu’ils étaient entrain de décaper les plaies.

Je suis resté quelque jours dans la salle commune et après mes parents ont demandé la salle catégorie pour moi, donc j’ai été transféré dans cette salle là. Il y’avait deux lits mais j’étais le seul patient. J’avais la climatisation et je me sentais beaucoup mieux. côté chaleur je ne me plaignais plus.

Les pansements se faisaient chaque jour et j’avoue que ca coûte très cher le matériel (Compresses, sparadra, betadine,dakin….). Je   ne  savais pas à quoi ressemblaient les plaies après décapage. Alors  pendant le pansement un matin, j’ai demandé à ce qu’on prenne  des photos pour moi. Je  voulais voir. On  n’avait pas les appareils numériques. Les  photos tirées m’ont été remises, et  quand j’ai vu, je ne peux pas expliquer ce que j’ai ressenti. Je  ne pouvais pas croire qu’une plaie pouvait aussi être très large et trop profonde comme ça. Je  voyais même mon coccyx. La  largeur a pris carrément toute la surface des fesses.

J’ai demandé un album et j’ai commencé à garder les photos.

Un matin après la visite médicale le Pr.K est revenu me présenter un homme. C’était un kinethérapeute. Il  etait en charge de ma rééducation. On  a discuté un peu. Il  a donné son programme. J’allais dans leurs locaux pour la verticalisation, c’est à dire la position debout, et les autres exercices il venait les faire dans ma chambre. J’etais devenu comme un bébé. Il fallait tout réapprendre (s’assoir, se tenir debout…).quand on me mettait en position debout et après avoir rejoint ma chambre je vomissais beaucoup. J’ai demandé à savoir pourquoi je vomissais et on m’a dit que c’est parceque je suis resté longtemps alité.

Chaque jour c’était la visite médicale, les pansements, la rééducation.

Le Pr.K a demandé une radiographie du rachi cervicale( cou). Les  internes sont venus me chercher et conduire pour la radiographie. On  m’a installé et net l’electricité s’est coupé. On  a patienté longtemps mais toujours l’electricité ne venait pas. C’était avec des lampes torches qu’ils ont utilisé pour éclairer la salle et pouvoir faire la radio. Le  Pr. K etait content après avoir vu les clichés. J’avais désormais l’autorisation d’enlever le collier et le porter si je voulais m’assoir. La  rééducation se poursuivait et entre temps on n’avait plus les nouvelles du kiné. Il  ne venait plus. Les  rendez-vous étaient vides. On  se demandait  pourquoi il ne venait plus. Comme chaque jour j’avais beaucoup de visiteurs, dans la causerie on a posé le problème. Il ya un qui dit que sûrement il a besoin qu’on lui donne de l’argent. Donc  on a tenté le coup pour voir réellement si c’est vrai. On  a mis cinq mille francs dans une enveloppe et l’envoyer. Le  lendemain matin il était dans ma chambre. Il  a fait proprement la rééducation et même remercier mes parents pour l’enveloppe qu’il a reçue. Toute  la semaine il est venu sans manquer et après plus rien. Il  a encore disparu. Mes  parents ont posé le problème au Pr. Il a été interpellé plusieurs fois mais rien. Le  Pr etait obligé de venir chaque jour dans ma chambre pour me faire  la rééducation lui même. Les  mouvements des bras, pieds, le massage et m’apprenait à m’asseoir. Il  joua le rôle du kiné.

Quelques  semaines après on a trouvé un professeur d’éducation physique qui s’y connaissait  un peu en kinesie. Il a pris le relais et venait de temps en temps me faire la rééducation. Le  kiné officiel  je ne l’ai plus vu jusqu’à ce je quitte l’hôpital. Lire la suite…

7 thoughts on “Chapitre II : Les soins reçus – Partie 1

  1. Merci au seigneur pour nous avoir tenu en vie et en bonne santé, les épreuves de la vie nous parquent mais nous devront rester dans la prière

  2. Le Seigneur vous bénisse.
    Quand je lis je vois les actes du Pr k. Il est comme une personne qui était choisie et mise à votre disposition. Je pleure trop ses efforts pour vous.
    Vous étiez très fort. Votre calme et confiance était un grand atout pour vous. Dieu vous bénisse. La suite…

    1. Merci frère.oui le Pr.K a bcp fait et jusqu’à aujourd’hui il continue.
      Dieu est merveilleux.Il fortifie,Il met tjr des gens bien sr mon chemin.
      A Lui la gloire.

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